La dégringolade des anges
Consigne : « C’est une joie ».


La dégringolade des anges

C’est une joie frelatée que ton absence m’a laissée, une joie assassine qui distille à présent son venin, me ronge…


Quand arriverai-je enfin à quitter les rives de Babylone pour ne plus lamenter le souvenir de Sion ?

Quel océan assez vaste pour y engloutir mon âme, cette âme sur laquelle tu as plané comme l’orage,

          où ton baiser est tombé tel un tourbillon de feu ?


… Ton corps, je l’ai arpenté comme les faubourgs de Jérusalem,

comme la brise du Jardin qui, gémissant dans les cimes de la Création, n’aurait d’autre choix que sa chute infinie…

Car c’est à tes lèvres que j’ai cueilli le fruit,

                                                                    Tes soupirs serpentant dans mes veines,

Bouche enténébrée où les anges dégringolent…

                                                                           Où tu m’as sarclé d’une épée de cris.