Sarah - 05 avr.
Nos participants ont du talent - #1 Marion - "Ce qui m’a aidée, c’est la multiplicité des regards"

Marion Guilloux, jeune comédienne et metteure en scène de 27 ans, écrit depuis l’âge de 18 ans. Participante de l’atelier d’écriture de Karim Miské consacré au polar, nous avons récemment publié un de ses textes : des mots coups de poing d’un court récit intitulé « Détruire ».

Heureuse nouvelle : voilà que la jeune écrivaine en herbe est lauréate de deux prix littéraires (dont fut également lauréate, en 2010, Clémentine Beauvais) !

Il s’agit du fameux Prix du jeune écrivain de langue française, décerné chaque année depuis 1984 à de jeunes auteurs de moins de 30 ans. Autre écrivain qui figure dans la liste des heureux élus d’éditions précédentes : Jean Baptiste Del Amo, également Prix Fénéon de littérature, Prix Laurent Bonelli 2008, Prix François Mauriac, Prix Goncourt du Premier Roman 2009, Prix Sade, et qui a récemment publié Règne animal chez Gallimard. De quoi enthousiasmer la jeune femme ! 

C'est sa nouvelle, Mister Lonely, qui a été récompensée, sorte de fiction hallucinée d’un personnage qui revit sa propre histoire à travers l’arrivée de trois touristes, en plein cœur du Nevada.

Elle a également obtenu le prix HYPPOLYPO, une toute nouvelle récompense dans le transmédia, décerné par l’association AMATHEA, grâce à un récit de voyage d’une jeune femme qui se perd dans Moscou. 

Interview express dans les murs des Mots, lors de la dernière séance de l’atelier d’écriture de Karim Miské, le mardi 4 avril 2017.

Tu écris depuis longtemps ?

Oui, avec une forte prédilection pour l’écriture de théâtre, les nouvelles, les exercices de style poétique et la littérature de voyage. Vers 18 ans ma pratique de l’écriture s’est structurée avec l’écriture d’un premier roman. J’ai surtout toujours beaucoup lu.

Comment as-tu entendu parler des Mots ?

Le bouche à oreille ! 

Comment as-tu choisi ton atelier ?

Le polar me semblait être l’atelier le plus structurant. J’avais aussi lu Arab Jazz de Karim Miské, que j’avais beaucoup aimé. Ce que j’aime dans le polar, c’est que l’on part d’une intrigue que l’on dénoue lentement, on tire les fils pour tisser une histoire. C’est très excitant.

Qu’est-ce que cet atelier t’a apporté ?

Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est la multiplicité des regards - celui des participants - posé sur mon texte, et aussi, la dead line des 50 minutes, une contrainte d’écriture efficace qui oblige à produire. On se retrouve dans une énergie d’écriture intéressante, et collective.

Tu recommandes ?

Oui, à toute personne qui veut écrire plus, se mettre le pied à l’étrier… C’est super, j’en parle beaucoup autour de moi.

Comment définirais-tu ton style ?

Oralité.

Tes auteurs préférés ?

Hum… Difficile ! Je dirais Émile Ajar, Jean-Philippe Toussaint, Volodine, ou encore Beckett.

Ton rêve ?

Réussir à écrire et mettre en scène ce que je j’écris !

Qu’est-ce que t’apportes l’écriture au quotidien ?

Fuir, m’évader.

Fuir quoi ?

La réalité. Une réalité parfois décevante.

Et pourquoi pas… avec ces deux prix largement mérités !

Bon vent, Marion !